Immersion dans la campagne indienne
Nous sommes arrivés le 19 chez notre premier partenaire, Village Community Development Society dans un de leurs centres au beau milieu de la campagne aux alentours de Tindivanam.
L’équipe de VCDS et les étudiantes du centre nous ont accueillis comme des rois !
VCDS est une ONG qui travaille autour de trois volets principaux :
- l’éducation informelle -temps d’apprentissage et devoirs après l’école- et la formation professionalisante (couture et informatique) des jeunes de 6 à 12 ans en milieu rural.
- l’appui aux populations Dalits (hors caste), population la plus précaire tout particulièrement dans les campagnes.
- l’appui aux paysans -dont 98% sont des Dalits- à travers des formations techniques agricoles (interculture, compost biologique…) et regroupement de paysans autour des principaux problèmes qu’ils rencontrent.
Un programme chargé nous attendait; notamment :
La rencontre des paysans locaux, pour la plupart avec des terres d’un hectare ou moins voire sans terre. Nous avons pu découvrir les principales cultures de la région à savoir le paddy (base du riz), le millet/l’eleusine, les arachides et légumes (piments, oignons et haricots mungo en particulier)
Un paysan cultivant du paddy (derrière), plantation très gourmande en eau.
Le millet, ici découpé pour les métiers à tisser, demande très peu d’intrants et d’entretien.
Nous avons pu appréhender les difficultés des paysans :
- contraintes climatiques : le cyclone Thane qui a frappé le mois dernier et ruiné les cultures de paddy, le manque d’eau (absente au minimum 3 mois).
- la vente des récoltes à faible coût voire à perte
- le manque de travailleurs en saison de récoltes préférant de grandes exploitations au salaire plus avantageux
- le discours du gouvernement incitant l’utilisation de fertilisants chimiques par le biais d’aides financières aux premiers achats. Les petits paysans, soit 97% des agriculteurs indiens, passent alors d’une agriculture traditionnellement biologique à une agriculture semi-chimique coûteuse en intrants et fragile face au climat local. Appauvrissant la terre, les agriculteurs se retrouvent ainsi dans le cycle infernal de l’agriculture chimique.
Nous avons également rencontré des femmes activement engagées pour l’émancipation et la reconnaissance des droits de la femme. Encore payées trois fois moins qu’un homme pour les travaux aux champs et seule à assurer les tâches domestiques du foyer, les conditions des femmes indiennes -particulièrement en milieu rural- est la source de nouvelles revendications.
Le système des castes -particulièrement ancré dans les campagnes- est sujet à débats. A l’heure actuelle entre castes et les divisions internes à chacune, la société indienne est divisée en 3600 castes. Etant une forme de stratification de la société, chaque individu né dans une caste et une catégorie socioprofessionnelle dans laquelle il reste généralement confiné sans grande possibilité de mixité et de progression sociale.
La pratique est particulièrement marquée chez les Dalits assignés aux besognes les plus dures et les moins rémunérées.
Le gouvernement tente d’abolir le système des castes à l’aide de mesures favorisant les mariages inter-castes en donnant la priorité – accès à l’éducation, aux prêts et logements- aux enfants issus de couples inter-castes, par conséquent, considérés sans caste.
Paradoxalement, il est demandé aux parents d’un mariage inter-caste de choisir une des deux castes pour l’enfant.
Et Alex a même eu le temps de séjourner à l’hôpital chrétien St Joseph de Tindivanam après un verre de trop (d’eau du robinet) !
A présent, tout va pour le mieux !!!
Super Patchouli n’ayant pas supporté son voyage en campagne est en quarantaine cette semaine.
Cette semaine c’est une mascotte en chair et en os, l’âme de VCDS, Taataa (grand-père en Tamil) – 75 ans
Prochaine étape :
Nous venons de débarquer à Pondicherry et ce, pour une semaine, en espérant pouvoir manger autre chose que du riz !
A la semaine prochaine !











Bon rétablissement à Super Patchouli !
C’est un plaisir de voir vos sourires et ceux des gens, adultes et enfants, dont vous faites la connaissance. Vivement la semaine prochaine …